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17 juillet 2013

François Michelin, un témoignage à lire et à relire

Il y a des pépites dans Paris-Match. L'entretien qu'y a donné François-Michelin en mai dernier en est une. Toute en sagesse et humanité. A conserver dans nos archives. Extraits :

Quels échos vous parviennent du monde extérieur ? 
On entend que les Français dépriment, qu’ils n’ont plus confiance dans leurs dirigeants, dans leurs entreprises…Quand vous regardez par le ­hublot d’un avion et que vous entrez dans un nuage, quelle impression avez-vous ? [Silence.] Il n’y a plus de boussole ! Et beaucoup de gens ne veulent pas se poser la question de ­savoir pourquoi on en est là.

C’est une responsabilité collective ?
Elle vient un peu des journalistes… le désir de cohésion du politiquement correct... On écarte son désir de comprendre. On se dit : “Je suis à la mode, je suis moderne…” C’est une paresse intellectuelle. Un bon ingénieur, c’est celui qui n’est ­jamais content de ce qu’il sait. Le mode d’emploi pour remettre la France d’aplomb est simple : c’est le respect de la réalité.

Depuis 2009, 1 250 usines ont fermé en France. Notre industrie a-t-elle encore un avenir face à des pays où les ouvriers sont sous-payés ?
Le problème, ce ne sont pas les ­salaires, c’est que ces gens travaillent beaucoup plus que nous ! Parce qu’un homme qui travaille, c’est un homme qui se construit et qui peut sortir les choses qu’il porte en lui ! Moins on travaille, moins on sort de choses.


C’est le sens de votre devise : “Deviens ce que tu es” ?
Cette phrase n’est pas de moi mais d’un poète de l’Antiquité, ­Pindare. Et de Nietzsche aussi, il me semble. Vous connaissez l’histoire des trois tailleurs de pierre ? On leur demande : “Qu’est-ce que tu fais ?” Le premier dit : “Je taille une pierre.” Le deuxième : “Je fais une sculpture.” Et le troisième : “Je construis une cathédrale.” Alors, peu importe la taille de la cathédrale si c’est quelque chose qui a un sens. Le drame de la France, c’est qu’il y a un ministère du Travail et pas un ministère de l’Œuvre ! Il y a une perte de sens.


Si vous aviez 20 ans aujourd’hui, dans quoi aimeriez-vous vous lancer ? Le pneu ou les nouvelles technologies ?
Ce qui reste d’une vie, quel que soit le support technique, c’est ce qu’on a appris auprès des hommes. Les hommes, c’est ça le plus im­portant.

L'entretien intégral est à lire ici : 
http://www.parismatch.com/Actu/Economie/Francois-Michelin-fait-retraite-513076

28 septembre 2011

Je n'ai plus de smartphone, j'ai tué mon compte Facebook ... et je revis !

Trouvé sur le monde.fr, cet article intéressant à mettre sans hésiter en regard des finalités de notre aventure :

"Avez-vous été tenté un jour de déconnecter ? D'étouffer sous un oreiller smartphone ou iPad pour ne plus vérifier vos mails ni au coucher ni au lever ? Si cette envie vous effleure, sachez…que vous n'êtes pas seul. 53 % des Français ont répondu par l'affirmative à la question : "Avez-vous eu envie de ne pas vous connecter à Internet pendant plusieurs jours ?" posée par l'Ifop fin 2010. Un comble alors que les smartphones, qui permettent de naviguer sur Internet en tout lieu devraient équiper un Français sur deux d'ici à la fin de l'année selon la société d'études GFK

Ce paradoxe n'est pas uniquement français. Tandis que l'équipement technologique ne cesse de se démocratiser dans le monde, l'Australienne Susan Maushart vient de publier un livre témoignage sur ses six mois sans technologie avec trois adolescents ("The Winter of Our Disconnect"). Dans la même veine a été organisée aux Etats-Unis, les 4 et 5 mars, le second "national day of unplugging" ( "la journée nationale où l'on se débranche") imaginée par l'association Sabbath manifesto.

Le Monde.fr a lancé un appel à témoignages sous la formule : "Et vous, vous faites quoi pour déconnecter ?". Nous avons sélectionné quelques-unes des 166 réponses qui nous sont parvenues en quelques heures.

• Mon taux de stress a rapidement diminué, par Fernand


Comme beaucoup d'entre nous, je suis avec intérêt l'actualité technologique. Naturellement, j'ai fini par m'acheter un smartphone : grand écran, réactivité éclair, des applications incroyables et tout Internet au creux de la main. Très rapidement, je ne l'ai plus lâché. Plus de bouquins dans le métro, plus de balades rêveuses dans les rues. Toujours en train de regarder si un nouveau mail était arrivé, toujours en train de jeter un œil à la carte du coin, de vérifier quelque chose. Même dans la conversation avec les autres, on ne laisse plus de place à l'imprévu, à l'incertain, aux souvenirs. La sensation que soudain tout est plus simple, tout est à portée de main.

J'ai tenu comme ça quelques semaines, puis j'ai craqué. J'ai récupéré un vieux téléphone à clapet, sans Internet, sans applications. Les basiques : appeler et envoyer des messages. Mon taux de stress a rapidement diminué. J'ai rapidement réappris à me laisser suprendre, à me laisser porter, à me perdre même parfois. Bref, à vivre, à faire face tout seul aux aspérités du quotidien.

Notre perception de la réalité est déjà impactée par les smartphones, qui introduisent une médiation dans le plus simple de nos gestes, la plus saine de nos joies. Difficile de retourner en arrière, mais alors, quoi ? Commencer par réaliser qu'on s'approche dangereusement, concrètement, de la servitude volontaire...

• Se recentrer sur l'essentiel, par Claudia

Il y a sept ans j'ai éradiqué la télé, sans état d'âme. Trop difficile de gérer ce média envahissant et chronophage. Perte d'énergie importante sans assurance au final de bien gérer. Forte de tout ce que mon foyer a gagné en perdant la télé, j'ai continué à appliquer ce principe, si on laisse un doigt dans l'engrenage, on se fait bouffer le bras. J'ai besoin d'un téléphone portable, je ne suis pas non plus contre le confort. Par contre je n'ai pas besoin qu'on m'invente sans cesse de nouveaux besoins. J'ai donc exigé que mon téléphone soit un téléphone, rien de plus...
A retrouver en intégralité sur le site du monde.fr

29 août 2011

Les Goums de retour des JMJ

Fin du raid en Corbières et direction l'Espagne, pour une partie des participants au raid lancé par Stéphane et le Padre Dominique. Première étape à Barcelone et à la Basilique de la Sagrada Famiglia : un siècle d'architecture moderne ça vaut le voyage ! Belle messe et veillée du 15 août avec les JMJistes du diocèse de Paris, dans une ambiance vive et chantante, visite de la Cathédrale de Barcelone beaucoup plus… classique !

Après cette immersion dans les foules catalanes, nous partons pour le désert espagnol où Roberto et et nos frères goumiers italiens nous attendent. Nous faisons une journée et une nuit de marche ensemble pour découvrir une région idéale, un paradis de goums : le désert d'Albarracin, avant de toucher enfin Madrid sur le Campus de l'université. Là, grâce à Roberto, nous bénéficions de facilités auprès du Mouvement des Scouts Catholiques espagnol. Nouvelle nuit à la belle-étoile.
Dans ces JMJ hautes en couleur, nos huit jours de marche au désert nous aident à garder le goût de la simplicité ... et le goût de la prière.
Ainsi lors de l’immense rassemblement final des JMJ et de la spectaculaire tempête ce samedi soir, nous apprécions de nous être réfugiés "par hasard" dans la tente de l'adoration. Tout près de 2 millions de jeunes catholiques, devant Jésus, nous continuons ici le cœur à cœur commencé dans le désert des Corbières. Puis vient la messe avec le Saint Père, les efforts de certains pour aller au plus près du podium seront récompensés par une communion concrète. Le dernier "signe" fut de nous retrouver tous réunis à nouveau dans les mouvements fluctuants des centaines de milliers de jeunes.

Bravo et merci à Stéphane d'avoir relevé le défi ! Un raid au Brésil en 2013 ?

Les Corbières en images :

22 juin 2011

BXVI : L'homme ne peut pas être dominé par la technique et devenir son sujet

Magnifique allocution de notre Saint-Père le Pape devant les ambassadeurs le 16 juin dernier :

Mesdame et Messieurs les Ambassadeurs,
C’est avec joie que je vous reçois ce matin au Palais apostolique […] Puisque j’ai l’opportunité de rencontrer chacun d’entre vous de manière particulière, je désire maintenant parler plus largement. Le premier semestre de cette année a été marqué par d’innombrables tragédies qui ont touché la nature, la technique et les peuples. L’ampleur de telles catastrophes nous interroge. C’est l’homme qui est premier, il est bon de le rappeler. L’homme, à qui Dieu a confié la bonne gestion de la nature, ne peut pas être dominé par la technique et devenir son sujet. Une telle prise de conscience doit amener les Etats à réfléchir ensemble sur l’avenir à court terme de la planète, face à leurs responsabilités à l’égard de notre vie et des technologies. L’écologie humaine est une nécessité impérative. Adopter en tout une manière de vivre respectueuse de l’environnement et soutenir la recherche et l’exploitation d’énergies propres qui sauvegardent le patrimoine de la création et soient sans danger pour l’homme, doivent être des priorités politiques et économiques.

Dans ce sens, il s’avère nécessaire de revoir totalement notre approche de la nature. Elle n’est pas uniquement un espace exploitable ou ludique. Elle est le lieu natif de l’homme, sa "maison" en quelque sorte. Elle nous est essentielle.

Le changement de mentalité dans ce domaine, voire les contraintes que cela entraine, doit permettre d’arriver rapidement à un art de vivre ensemble qui respecte l’alliance entre l’homme et la nature, sans laquelle la famille humaine risque de disparaître. Une réflexion sérieuse doit donc être conduite et des solutions précises et viables doivent être proposées. L’ensemble des gouvernants doit s’engager à protéger la nature et l’aider à remplir son rôle essentiel pour la survie de l’humanité. Les Nations Unies me semblent être le cadre naturel d’une telle réflexion qui ne devra pas être obscurcie par des intérêts politiques et économiques aveuglément partisans, afin de privilégier la solidarité par rapport à l’intérêt particulier.

Il convient aussi de s’interroger sur la juste place de la technique. Les prouesses dont elle est capable vont de pair avec des désastres sociaux et écologiques. En dilatant l’aspect relationnel du travail à la planète, la technique imprime à la mondialisation un rythme particulièrement accéléré. Or, le fondement du dynamisme du progrès revient à l’homme qui travaille, et non à la technique qui n’est qu’une création humaine. Miser tout sur elle ou croire qu’elle est l’agent exclusif du progrès, ou du bonheur, entraîne une chosification de l’homme qui aboutit à l’aveuglement et au malheur quand celui-ci lui attribue et lui délègue des pouvoirs qu’elle n’a pas.
Il suffit de constater les "dégâts" du progrès et les dangers que fait courir à l’humanité une technique toute-puissante et finalement non maîtrisée. La technique qui domine l’homme, le prive de son humanité. L’orgueil qu’elle engendre a fait naître dans nos sociétés un économisme intraitable et un certain hédonisme qui détermine subjectivement et égoïstement les comportements. L’affaiblissement du primat de l’humain entraîne un égarement existentiel et une perte du sens de la vie. Car la vision de l’homme et des choses sans référence à la transcendance déracine l’homme de la terre et, plus fondamentalement, en appauvrit l’identité même. Il est donc urgent d’arriver à conjuguer la technique avec une forte dimension éthique, car la capacité qu’a l’homme de transformer, et, en un sens, de créer le monde par son travail s’accomplit toujours à partir du premier don originel des choses fait par Dieu (Jean-Paul II, Centesimus annus, 37). La technique doit aider la nature à s’épanouir dans la ligne voulue par le Créateur. En travaillant ainsi, le chercheur et le scientifique adhèrent au dessein de Dieu qui a voulu que l’homme soit le sommet et le gestionnaire de la création. Des solutions basées sur ce fondement protégeront la vie de l’homme et sa vulnérabilité, ainsi que les droits des générations présentes et à venir. Et l’humanité pourra continuer de bénéficier des progrès que l’homme, par son intelligence, parvient à réaliser.

Conscients du risque que court l’humanité face à une technique vue comme une "réponse" plus efficiente que le volontarisme politique ou le patient effort d’éducation pour civiliser les mœurs, les gouvernants doivent promouvoir un humanisme respectueux de la dimension spirituelle et religieuse de l’homme. Car la dignité de la personne humaine ne varie pas avec la fluctuation des opinions. Respecter son aspiration à la justice et à la paix permet la construction d’une société qui se promeut elle-même, quand elle soutient la famille ou qu’elle refuse, par exemple, le primat exclusif de la finance. Un pays vit de la plénitude de la vie des citoyens qui le composent, chacun étant conscient de ses propres responsabilités et pouvant faire valoir ses propres convictions. Bien plus, la tension naturelle vers le vrai et vers le bien est source d’un dynamisme qui engendre la volonté de collaborer pour réaliser le bien commun. Ainsi la vie sociale peut s’enrichir constamment en intégrant la diversité culturelle et religieuse par le partage de valeurs, source de fraternité et de communion. La vie en société devant être considérée avant tout comme une réalité d’ordre spirituel, les responsables politiques ont la mission de guider les peuples vers l’harmonie humaine et vers la sagesse tant désirées, qui doivent culminer dans la liberté religieuse, visage authentique de la paix... (...)

22 avril 2011

Bonheur numérique ?

La présentation très médiatisée, le 27 janvier dernier, à San Francisco, de l’iPad par Steve Jobs en personne, le président fondateur d’Apple, a fait sensation. Prolongeant l’iPhone, le « téléphone intelligent » multifonctions (véritable ordinateur de poche) de la firme à la Pomme, sorti en 2007, cette nouvelle petite merveille permettra aussi, notamment, de lire un livre, un journal ou de regarder une vidéo. En moins de vingt ans, la révolution numérique a connu le rythme de progression le plus rapide de l’histoire des techniques. D’ores et déjà, elle a, non seulement changé la vie quotidienne de centaines de millions d’individus dans le monde, mais a commencé à opérer une transformation de l’homme lui-même. C’est aussi à une révolution anthropologique à laquelle nous assistons, donnant naissance à l’Homo numericus.


Un dossier de 2010, toujours d'actualité, à consulter ici

25 février 2011

Les Français et la télé : record battu en 2010...

Selon Mediametrie, avec une moyenne de 3h32 passée quotidiennement devant leur télévision, les français ont battu en 2010 un triste record... Si on y ajoute l'Internet, le temps passé derrière un écran explose...


Déclarons les raids Goums
d'utilité publique... de toute urgence !